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               « D'une Révolution à l'autre »

 
C'est le titre que Jeremy Deller avait choisi pour son exposition au Palais de Tokyo afin de souligner les liens inattendus entre le déclin de l'industrie manufacturière et la naissance de l'industrie musicale. Les contributions de chercheurs en sciences sociales, réunis ici sous la direction de Stéphane Dorin et précédées d'un entretien avec Jeremy Deller, prennent toutes au sérieux les musiques populaires, dans leurs dimensions industrielles et commerciales, mais aussi dans leur propension à renouveler les pratiques culturelles, les politiques économiques et les esthétiques.Révolutionnaires, les musiques populaires le sont donc bel et bien, à la fois par leurs origines lointaines, dans la naissance du capitalisme industriel et commercial au xixe siècle, et par leur impact, numérique ou non, sur nos manières d'écouter, de voir et de vivre ensemble au début du xxie. D'une révolution à l'autre, les musiques populaires sont toujours aux avant-postes des transformations sociales à l'œuvre dans les sociétés contemporaines.

Stéphane Dorin, professeur de sociologie à l'Université de Limoges. Ses travaux de recherche portent sur la sociologie de la globalisation culturelle et des musiques populaires. Après une enquête de terrain en Inde sur la circulation du jazz et du rock à Calcutta, il mène des recherches sur l'industrie musicale et sur les publics de la musique savante, classique et contemporaine. Son travail de chercheur vise à comprendre les transformations du goût musical à l'ère de la globalisation et du numérique. Il a publié des articles dans plusieurs revues, dont Volume !, A contrario, Politix, Social Anthropology et L'Homme.

lien https://books.openedition.org/ms/986

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Révolution Musicale

Un ouvrage en deux parties, une première tout à fait passionnante consacrée à l’analyse des conditions de naissance et d’évolution de la culture musicale pop-rock et une seconde partie qui présente 90 albums qui firent les grandes heures de cette période musicale d’une inventivité sans limite. Éric Serva – France Musique // Tapage Nocturne.

Quand Penny Lane des Beatles, sort début 1967, les baby boomers occidentaux ne sont plus des teenagers, la musique qui les accompagnent est devenue, elle aussi, adulte : les 45 tours sont remplacés peu à peu par des 33 tours, les instruments médiatiques et commerciaux qui vont avec sont devenus une industrie florissante. La maturité d’une génération en marche, celle de la jeunesse du monde occidental est devenue évidente. Cette déferlante occupe toutes les sphères de la culture : disques, festivals, presse, art plastique, stylisme… Cependant, cette génération qui rêvait d’un monde meilleur, ne peut s’affranchir d’une dure réalité. En 1968, le Vietnam est en guerre, la Tchécoslovaquie est envahie, des révolutions sont en marche et les affres des réalités économiques et politiques commencent à prendre le pas sur la génération du flower power. L’année suivante, 1969, portera à l’apogée cette génération à Woodstock, avant de sombrer au festival d’Altamont, organisé par les Rolling Stones. L’économie est désormais au cœur de l’industrie du disque et les années soixante-dix vont surfer sur cette immense vague qui se sera mise en place au cours de ces trois années. Une centaine de disques de l’époque, tant français qu’anglo-saxons, le son d’une génération en marche, sont étudiés et mis en corrélation avec les phénomènes sociaux qui les ont environnés.



   Un grain de folie

                            Prologue

Il y a, quelque part, une frontière invisible entre la raison et la folie.
Une ligne si fine qu’elle semble parfois vibrer… comme une corde de violon.
C’est sur cette corde que marchent les musiciens depuis des siècles, funambules du son, cherchant dans la dissonance un peu de vérité.
J’ai trouvé un jour cette phrase, posée anonymement sur un forum oublié : « Si le savoir pouvait nous rendre fous, je veux rester dans ma folie. »
Elle m’est restée collée à la peau comme un refrain obsédant. Et c’est peut‑être à partir d’elle qu’a commencé cette exploration : comment la musique, cet art qui guérit, peut‑elle devenir la complice de la souffrance mentale ? Des enquêtes et des analyses ont été menées depuis la nuit des temps, relayées par des universités, des scientifiques et des médecins, sur ces génies compositeurs et musiciens à qui la folie a changé la vie. ​


   LO.                                                             MMXXVI
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